PARIS, mai 2019 (APMnews) – Le CHU de Nice met en oeuvre la première année de son plan de transformation “Elan 2025” et investit 41 millions d’euros en 2019, dont une importante partie sur le volet numérique, a indiqué mercredi à APMnews son directeur général, Charles Guepratte, lors d’un entretien en marge de la Paris Healthcare Week 2019.

Le plan Elan 2025 a été présenté à l’été 2018, il est la “traduction opérationnelle” du projet d’établissement et du programme immobilier. Il prévoit 315 millions d’euros (M€) d’opérations jusqu’en 2025 avec l’objectif d’atteindre 80% de surfaces neuves ou rénovées.

Si le plan de transformation a été lancé il y a un an, “nous accélérons depuis quelques semaines sa mise en oeuvre”, a déclaré Charles Guepratte. Il “vise à moderniser l’ensemble de nos structures pour dégager de la performance et financer nos investissements”, poursuit-il.

“Elan 2025 contient un plan d’investissement ambitieux avec un taux d’endettement relativement important”. Il a pour but “de mieux positionner les patients dans l’organisation de l’hôpital en répondant mieux à leurs besoins”.

“L’idée est de mettre à niveau l’ensemble du CHU et d’être conforme aux ambitions du projet médical sur des axes aussi importants que la cancérologie, le vieillissement ou le développement de l’ambulatoire.”

Au total, le plan prévoit 200 “initiatives” incluses dans 44 chantiers, “soit 30 à 35 initiatives par an”, précise le directeur général.

Parmi les exemples “d’initiatives”, cela peut aller de la mise en place “d’un hôpital de jour pour le repérage de l’hyperactivité au regroupement des laboratoires”.

Les opérations ont été pensées en parcours de soins avec notamment le développement des capacités d’ambulatoire en médecine et chirurgie, ou en cancérologie en restructurant l’organisation autour du patient “comme le font les centres de lutte contre le cancer (CLCC)”, continue-t-il.

Une année “exceptionnelle” d’investissements sur le numérique

Sur les 41 M€ d’investissements engagés par le CHU en 2019, 10 M€ sont consacrés au numérique. C’est une “année exceptionnelle” nécessaire pour rattraper un certain retard, a expliqué le directeur général.

“Nous réalisons un travail très important depuis un an, notamment sur le déploiement du dossier patient informatisé [DPI].” Le CHU de Nice utilise le DPI Orbis* d’Agfa.

“On va passer en quelques semaines d’une couverture de 40% à 90% en juillet. On aura une deuxième étape, la mise à niveau précise par dossiers de spécialités, qui démarrera en septembre.”
“C’est-à-dire que nous aurons livré à partir de juillet tous les modules Agfa et serons en production totale avec le logiciel DPI “, poursuit Charles Guepratte.

Le deuxième axe est le développement de la prise de rendez-vous en ligne par Doctolib. Depuis mercredi, la plateforme est accessible “sur près de 80% du CHU”, soit 8 pôles de soins. Elle a été lancée en octobre 2018 au pôle mère-enfant et son déploiement doit s’achever fin 2019 par l’imagerie, après les pôles biologie, pharmacie, neurosciences et l’institut universitaire locomoteur et du sport en juillet.

Au total, 1 rendez-vous sur 5 est actuellement pris par internet au CHU de Nice soit “7.000 patients à ce jour”, rapporte le directeur général.

L’établissement a mis en place l’application Whoog* qui simplifie le remplacement en interne des soignants en cas d’absentéisme de courte durée, ainsi que la messagerie sécurisée Lifen* qui permet d’envoyer des dossiers patients et des comptes rendus d’hospitalisation en “temps réel”.
“Plus de 1.000 comptes rendus ont été envoyés en un mois avec Lifen* depuis son lancement il y a un mois. La messagerie sera généralisée à l’ensemble du CHU en septembre”, précise-t-il.

Whoog* est disponible depuis 3 semaines pour les infirmières, les infirmières spécialisées, les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture. L’application “compte déjà près de 600 agents inscrits”, elle évite “d’avoir à les appeler pour leur demander s’ils sont disponibles pour un remplacement. Le délai passe ainsi de 4 à 5 heures à 18 minutes en moyenne, sachant que l’absentéisme se situe entre 10% et 12% au CHU et que 200 soignants sont absents chaque jour”, indique Charles Guepratte.

Passage en Copermo d’ici la fin 2019

Concernant le financement du plan de transformation Elan 2025, le directeur général indique que le CHU a engagé autour de 140 M€ pour la poursuite de la phase 2 de Pasteur 2 (101 millions €).

Il finance ces opérations en propre et par l’emprunt. Le CHU doit cependant obtenir des financements supplémentaires pour le reste du schéma directeur immobilier d’un montant de 315 M€.

“L’ARS [agence régionale de santé] Paca nous a demandé de faire un point très précis en juin pour dire où nous en sommes de la trajectoire financière du CHU et que nous puissions, sur cette base, monter au groupe technique Copermo [comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers]”, explique le directeur général.

Le passage en Copermo investissement est attendu à la fin de l’année. Le CHU souhaite y présenter “en priorité” l’opération de regroupement des laboratoires dont le montant est estimé à 40 M€. “Le projet est très avancé, toutes les études ont été faites”, précise-t-il.
Charles Guepratte espère “peut-être” également présenter au comité interministériel la rénovation du site de l’Archet dont le montant est estimé à 32 M€. L’opération prévoit notamment le regroupement des activités similaires par étage, rappelle-t-on.

A noter que la livraison de la phase 2 de Pasteur 2 est retardée pour une durée de 6 mois à cause de travaux de sécurisation des sous-sols .

Interrogé sur la situation financière du CHU, Charles Guepratte indique que le déficit principal “comptable” au titre de l’exercice 2018 sera beaucoup moins important que prévu. Il devrait être de 6,2 M€, soit “0,9% des produits”, après intégration des opérations comptables. Il avait été estimé à 1,5% des produits en janvier, rappelle-t-on.

La tension sur les effectifs “se résorbe”

Le CHU fait face à des difficultés importantes de recrutement de praticiens, notamment après le départ d’anesthésistes aux blocs opératoires et au pôle mère-enfant .
Interrogé sur ce point, le directeur général indique qu’un plan d’action a été lancé pour “fidéliser” les anesthésistes en proposant par exemple une rémunération particulière après 17 heures et en réorganisant les blocs opératoires “pour rendre le travail plus fluide”.

Au pôle mère-enfant, une mutualisation avec le pôle digestif a permis de fermer “seulement” 2 salles de bloc sur les 6, après le départ de “2 et non 3” anesthésistes en mars.

“Les conditions commencent à être remplies pour ouvrir des créneaux [équivalents à une 5e salle de bloc] d’ici à la fin août. A la fin de septembre, on pourra ouvrir les salles comme elles l’étaient avant.”

Charles Guepratte annonce le recrutement de 4 anesthésistes dans “les prochaines semaines” dont “2 affectés au pôle de gynécologie-obstétrique et digestif”, ceci permettant “de revenir quasiment à la situation antérieure”.

Concernant les Ibode, un travail ciblé mené fin 2018 a permis de remettre à niveau une partie des postes vacants en recrutant 60 infirmiers.

syl/ab/APMnews